Juin 2026 : introduction en bourse de Space X

Il y a des fan boys ici qui vont se jetter dessus ou pas ?
Ca va ĂȘtre l’affaire du siĂšcle !











 Ou pas !

J’ai rĂ©pondu ça Ă  un fan boy sur Facebook qui se demandait si l’action SpaceX sera dispo le jour J sur Trade Republic pour lui permettre de se ruĂ©er dessus.

Je me dis que ça serait bien que je partage Ă  plus de monde que ça mon esprit charitable parce que j’estime qu’on doit bien trouver des kamikaze partout mĂȘme ici !

Donc pourquoi l’introduction en bourse de Space X est un piùge comme toute introduction en bourse ?
Et surtout pourquoi pour Space X c’est encore plus un piùge qu’une l’IPO classique ?

C’est un piĂšge parce que tout est construit pour maximiser le prix au bĂ©nĂ©fice des insiders, en compressant notre rendement potentiel, nous investisseur particulier, et en explosant notre risque.

D’abord, la valorisation de dĂ©part est dĂ©lirante : 2 000 milliards pour environ 16 milliards de chiffre d’affaires, soit un price-to-sales autour de 125.
MĂȘme des mastodontes ultra rentables et dominants comme les grandes big tech se paient plutĂŽt entre 3 et 10 fois les ventes, alors qu’ils ont dĂ©jĂ  prouvĂ© leur modĂšle Ă  trĂšs grande Ă©chelle.

Concrùtement, à ce prix nous payons une entreprise qui fait 16 milliards de chiffre d’affaires aussi cher, voire plus cher, que des groupes qui font 200, 400 ou 700 milliards.
En d’autres termes,nous payons aujourd’hui le prix d’un Amazon, mais nous recevons une boĂźte qui gĂ©nĂšre 40 fois moins de revenus.

Ensuite, la simple mécanique des ratios nous mets mathématiquement en mauvaise posture.
Si le multiple passe d’un PS de 125 Ă  un PS de 12,5 (ce qui serait encore Ă©levĂ©, mais dĂ©jĂ  plus « normal » pour une star de la croissance), c’est une division par 10 du multiple.
Si, pendant ce temps-lĂ , le chiffre d’affaires n’est pas lui‑mĂȘme multipliĂ© par 10, le cours est mĂ©caniquement divisĂ© par 10.
Et mĂȘme dans le meilleur scĂ©nario « neutre », pour que l’action reste seulement flat alors que le multiple retombe de 125 Ă  12,5, il faudrait que les revenus passent de 16 Ă  160 milliards en trĂšs peu de temps.
Nous partons donc d’un point d’entrĂ©e oĂč la barre Ă  franchir pour juste ne pas perdre d’argent est presque irrĂ©aliste.

À cette survalorisation s’ajoute une architecture de marchĂ© manipulĂ©e en notre dĂ©faveur.
La rĂ©duction du dĂ©lai d’entrĂ©e dans l’indice (de un an Ă  quinze jours pour un mastodonte du top 40) fait que l’action sera intĂ©grĂ©e dans le Nasdaq avant mĂȘme que le marchĂ© ait eu le temps de stabiliser un prix « normal ».

En parallĂšle, le fait de multiplier artificiellement le flottant utilisĂ© pour la pondĂ©ration (par 5 lorsque le flottant rĂ©el est infĂ©rieur Ă  20 %) gonfle artificiellement le poids de la valeur dans l’indice.
Le flottant c’est la part des actions à la disposition du public. Or le Nasdaq pondùre son indice sur la base de la valorisation du flottant pas de la valorisation complùte de l’entreprise.

RĂ©sultat : tous les ETF Nasdaq, qui doivent rĂ©pliquer passivement l’indice, sont obligĂ©s d’acheter beaucoup plus de titres que ce que justifierait le flottant rĂ©el. 5 fois plus qu’il aurait Ă©tĂ© normalement nĂ©cessaire.

Nous obtenons alors un cocktail trĂšs dangereux : offre ultra limitĂ©e (5 % de flottant), demande massive et forcĂ©e des ETF qui doivent s’aligner sur l’indice, et un prix dĂ©jĂ  absurde au dĂ©part.
Les Ă©metteurs d’ETF achĂštent « Ă  n’importe quel prix » pour rester collĂ©s Ă  l’indice, ce qui entretient et amplifie encore la bulle sur la valeur.

Pendant ce temps, 95 % des actions sont dans les mains des fondateurs et des premiers investisseurs.
Ce sont eux qui bénéficient de cette mécanique : ils voient la demande passive des ETF pousser le cours toujours plus haut, ce qui leur permet de vendre progressivement leurs titres à des prix radicalement décorrélés des fondamentaux.
Les acheteurs finaux de ces titres hors de prix sont les particuliers (directement ou via leurs ETF) qui se retrouvent exposés à une correction potentiellement dévastatrice.

En toile de fond, il faut rappeler la nature mĂȘme d’une introduction en bourse.
Une IPO est, par dĂ©finition, le moment oĂč les insiders obtiennent enfin de la liquiditĂ© pour vendre ce qu’ils dĂ©tiennent souvent depuis des annĂ©es.
Pour eux, c’est l’évĂ©nement de sortie attendu, donc leur objectif est de vendre le plus cher possible.

Pour toi, investisseur cotĂ©, l’objectif rationnel est au contraire d’acheter le moins cher possible pour maximiser ton rendement futur.
Quand tu entres au moment oĂč eux sortent, Ă  une valorisation hors norme construite sur des rĂšgles faites sur mesure pour gonfler la demande passive, tu te places exactement du mauvais cĂŽtĂ© du trade.

Au final, le piĂšge tient en trois points :

  • un prix de dĂ©part qui incorpore dĂ©jĂ  des dĂ©cennies de croissance ultra optimiste,

  • une mĂ©canique rĂ©glementaire et indicielle qui force les flux acheteurs Ă  court terme et donne l’illusion d’un succĂšs irrĂ©sistible,

  • et des insiders qui profitent de cette fenĂȘtre pour nous vendre leurs actions au plus haut, avant que les multiples ne reviennent sur Terre.

Dans ces conditions, mĂȘme si l’entreprise est excellente opĂ©rationnellement, le point d’entrĂ©e est tellement mauvais que, statistiquement, c’est suicidaire.

J’espĂšre que ce poste empĂȘchera que certains dans cette commu Moning ne soient les dindons de la farce.

Et surtout, soyez fan boys, je sais pas, d’un club de foot par exemple : c’est beacoup moins risquĂ© que la vĂ©nĂ©ration d’un entrepreneur fasciste qui n’a encore tenu aucune de ses promesses


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Pas lu ton pavĂ© mais de toute façon ce n’est jamais bon d’y aller dĂšs le dĂ©part sur les IPO

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A choisir je prĂ©fĂšrerais l’ipo de Mistral ai

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Je suis Fan ! :grin:

AprĂšs il y a peut ĂȘtre un trade rapide Ă  faire
.

L’IPO ne concerne pas Space X mais Starlink (ce n’est pas la mĂȘme chose). Ensuite, l’argument de l’insider trading est vraie mais cela dit sur les IPO de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, il y’a souvent eu une pĂ©riode ‘lock-up’ pour Ă©viter que les insiders ne vendent tous en mĂȘme temps dĂšs le dĂ©but (gĂ©nĂ©ralement de 6 mois). Ce qui semble probable vu que de grosses banques seront impliquĂ©es dans cette histoire.

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L’Etat des derniers informations indique bien une IPO de SpaceX, bien sĂ»r tirĂ©e par Starlink car le gros des revenus sont lĂ .
On ne parle plus d’une IPO autonome Starlink depuis longtemps.

A noter que SpaceX intÚgre aussi xAI désormais.

Tu as raison : mĂȘme si Starlink est le moteur principal, c’est bien une IPO SpaceX (avec xAI intĂ©grĂ©). Et le lock-up de 6 mois est effectivement une pratique classique avec les grosses banques.

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Moi aussi, je suis plus demandeur d’une IPO de Mistral AI que de Space X. Avec les moyens techniques actuels, impossible pour un humain d’aller sur mars et d’en revenir. Quand Musk devra l’avouer, ça va faire mal, mĂȘme s’il n’y a pas que ça dans son programme.

que ça soit Space X ou Open AI, ces grosses introductions vont faire du bien au Nasdaq et/ou au SP500 donc je serai concerné ayant des grosses positions en ETF

Hm
 c’est le contraire, elles devraient long terme pĂ©naliser les indices.
Perso, il n’y aura aucun achat ETF pour moi sur 2026 et 2027.
J’envisage mĂȘme de basculer ma part ETF vers le stock-picking avant juin

Pourquoi tu pĂ©nalises Ă  faire rentrer un plus gros dans l’indice?

Parce qu’il va rentrer fortement sur-evaluĂ©

Il est conseillĂ© d’attendre plus de 6 mois minimum pour acheter sur ce genre d ipo. Star link ça paraĂźt quand-mĂȘme ĂȘtre le futur apple ou NVIDIA en terme de croissance
 :thinking:

Certes Starlink devrait avoir une bonne croissance. Mais ça restera à bonne distance de apple ou Nvidia.
Starlink Ă©volue dans un secteur trĂšs concurentiel et mĂȘme s’il parvient Ă  garder le leadership, il va se faire attaquer de tous les cĂŽtĂ©s que ce soit sur son secteur “Internet rĂ©sidentiel et rural”, “maritime, aviation, entreprise”, “direct to cell”.
Starlink n’a pas de moat fort. Il repose principalement sur son caractĂšre “first mover” qui est certe une trĂšs bonne chose mais dans un secteur superconcurentiel, plus le temps passe plus ce moat se rĂ©duit.

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Elle est dure Ă  avaler cette phrase

Starlink est adossé à SpaceX, qui contrÎle toute la chaßne :

  • fabrication des satellites
  • lancement (Falcon 9, bientĂŽt Starship)
  • rĂ©seau + software + terminaux utilisateurs

:backhand_index_pointing_right: Résultat :

  • coĂ»ts de lancement 10x plus bas grĂące Ă  la rĂ©utilisation
  • dĂ©ploiement beaucoup plus rapide que les concurrents
  • dĂ©pendance quasi nulle Ă  des fournisseurs externes

:right_arrow: C’est probablement le moat le plus solide : difficile Ă  reproduire sans des dĂ©cennies d’investissement.

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C’est un moat que j’ai bien identifiĂ© mais pas nĂ©cessairement solide dans le temps

Ce moat n’est pas “imprenable”. La concurrence en LEO se renforce avec Amazon Leo/Kuiper et d’autres acteurs, et certains peuvent viser des niches rentables comme l’entreprise ou la mobilitĂ©.
Starlink reste aussi exposĂ© Ă  des contraintes de spectre, de rĂ©glementation et Ă  un besoin Ă©norme de capital, ce qui veut dire qu’une partie du moat est coĂ»teuse Ă  maintenir.

Et comme la comparaison était avec Apple et Nvidia, leur moat à eux et bien plus solide que celui de Starlink.

Comme tous les autres et les futurs, s’il y en a