Plastic Omnium : Hydrogène et automobile

Aujourd’hui je vais évoquer la société Plastic Omnium. Une mid cap français, équipementier automobile, dont la valorisation est actuellement de l’ordre de 4 milliards €. La société est une filiale (à 58,5%) du groupe Burelle.

Malgré un marcher de l’automobile cyclique et particulièrement compliqué ces derniers mois, la société parvient à surperformer. Elle s’est même lancé dans un virage technologique afin de conserver sa position sur le secteur. Pour cela, elle investie aussi bien sur les équipements high tech, mais aussi sur l’hydrogène !

Dernièrement, elle était même candidate au rachat de l’allemand Hella, finalement racheté par l’autre grand équipementier francais, Faurecia (ex. filiale de PSA).

Le cours

Le cours du groupe a fortement augmenté ces dernières années, avant de subir une grosse correction entre juin 2018 et fin mars 2020. Ceci étant lié à sa corrélation avec le secteur automobile.

Les dividendes

L’historique de dividende de l’entreprise est plutôt intéressant pour qui aime investir dedans. Celui-ci n’a connu une baisse qu’à l’occasion du krach de 2020. Il n’a pas été revu à la hausse en 2021, car l’entreprise doit conserver des liquidités pour se développer. En outre, elle doit rester prudente face à l’évolution du secteur automobile.

La valorisation
Le PER de la société est aujourd’hui de 11,83. À des fins de comparaison, voyons quel est celui de ses principaux comparables.

  • BorgWagner : 13,75
  • American Axle & Manufacturing : 5,16
  • Faurecia : 30,86

Soit une moyenne sectorielle de : 15,4. Plastic Omnium peut donc sembler, au regard du PER, quelque peu sous-évaluée par rapport à ses concurrents.

Les points Ă  surveiller

  • Plastic Omnium est un Ă©quipementier automobile. Par consĂ©quence, la sociĂ©tĂ© subit les variations de ce secteur.
  • L’entreprise reste relativement « petite » (seulement 4 milliards € de valorisation), avec les risque que cela induit.
  • Le risque technologique. La sociĂ©tĂ© investie massivement dans l’hydrogène. En cas de non « dĂ©mocratisation » de cette technologie, Plastic Omnium pourrait connaĂ®tre des difficultĂ©s.
  • Plastic Omnium est particulièrement volatile. Son bĂŞta est, en effet, de 2,32.

Ma position
Je suis actionnaire de Plastic Omnium, dont je possède 47 actions avec un PRU de 23,82€. J’ai commis l’erreur de ne pas renforcer mes positions au moment du krach de 2020. Erreur que je ne reproduirai pas une seconde fois. Si le secteur automobile est très concurrentiel / cyclique, j’estime que Plastic Omnium est capable de demeurer, sur le long terme, parmi les leader des équipementiers.

La société ne se repose pas sur ses lauriers et ne cesse d’innover. En outre, il s’agit d’une entreprise familiale. L’actionnaire majoritaire (le groupe Burelle, contrôlé par la famille Burelle) n’a aucun intérêt à ce que Plastic Omnium ne connaisse pas le succès.

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Hello,

Bravo pour cette analyse mais pour moi tu oublies une partie importante, les données financières. La boite est en déclin depuis 2016 et cela va être compliqué d’inverser la tendance avec le coup d’arrêt subi en 2020.

En déclin ?? Où voyez-vous ça, hors 2020 évidemment ?

Le free cash flow est mis Ă  mal depuis 2016. La boite est sous perfusion.

Le ROIC (retour sur capitaux investis) est très mauvais depuis 2016.

Et Moning ne s’y trompe pas avec un score de croissance de 4 !

Le FCF était largement haussier en 2019, et est resté positif en 2020 malgré 1) la crise sanitaire et 2) le crise du secteur automobile.
Je rajouterais d’ailleurs que suite aux semestriels 2021, les prévisions de FCF annuel prévoient un FCF 2021 « significativement supérieur à 220 millions € ». Sachant qu’il était de 236 millions en 2016 dans un marché automobile bien mieux orienté qu’aujourd’hui, ces prévisions me semblent être excellentes si elles sont tenues.
Sachant qu’elles se basent sur les résultats du premier semestre, que la pénurie de composants électroniques est bien prise en compte et qu’elles (les prévisions) ont été rehaussées par rapport à la dernière communication financière du groupe… Je pense qu’elles sont très sérieuses et que sauf coup de tonnerre, elles seront tenues.

Oui, le ROIC baisse. Mais il en est de même pour Faurecia ou encore BorgWagner (deux des trois concurrents de POM évoqués dans mon analyse.
, je n’ai pas trouvé les chiffres du troisième).
Pour moi il s’agit donc plutôt d’un phénomène sectoriel. Phénomène largement amplifié par les besoins en investissements de ces sociétés, lesquels ne se ressentent pas encore dans les résultats d’exploitation (car moyen / long terme), tout en venant alourdir le montant des capitaux investis. Faisant, de fait, baisser sensiblement le ROIC.

En outre, il a été répondu il y a peu par l’un des membres de @lateam (désolé, je ne sais plus si c’est Nicolas, Sébastien ou Gabriel) que les scores croissance avaient été impactés par les résultats de l’an dernier. L’exemple pris était celui de LVMH je crois (qui n’a que 6 !). Il a été précisé à cette occasion que ce score devrait commencer à se normaliser suite aux résultats 2021 et suivants. Prendre cet indicateur aujourd’hui n’a donc pas vraiment de sens.

Je maintiens donc pleinement mon avis sur la société : Très volatile, mais avec, selon moi, de bonnes perspectives si les investissements mennés actuellement portent leurs fruits. Ceci n’étant bien sûr qu’un avis strictement personnel. Je n’ai pas de boule de cristal :sweat_smile:

Je rappelle que je suis actionnaire de la société, à hauteur d’environ 2,5% de mon portefeuille.

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