Action qualitative (MOAT++) fortement sous-évaluée (upside +70%)

Bon, au moins avec ce titre, je pense que ça ramènera plus de monde que pour les autres analyses ! :rofl:

C’est parti pour l’analyse de AutoZone ! (environ 9h de travail, dont la moitié à mettre en forme les grapghiques, la présentation etc car je connais l’entreprise comme ma poche).

Analyse de AutoZone (AZO$)

AutoZone est un détaillant américain de pièces détachées à destination du secteur automobile.

Son modèle est simple : ouvrir de nouveaux magasins, bien gérer les stocks, pour enfin redistribuer le capital aux actionnaires.

Et force est de constater que cette stratégie est incroyablement efficace.

Logo de l’entreprise.

Le Business :

AutoZone, créée en 1979, se concentre sur la distribution de pièces auto. Grâce à son positionnement sur la partie la plus rentable de la chaîne de valeur, l’entreprise a connu un parcours boursier hallucinant.

Pour s’approvisionner en pièces, l’entreprise se repose sur son réseau de fournisseurs, parmi lesquels aucun ne représente individuellement plus de 10% du CA, ce qui assure une bonne diversification.

Ensuite, AutoZone dispose d’un réseau d’entrepôts et de méga-entrepôts (hub et méga-hubs), aussi bien aux USA qu’au Mexique, qui permet de grandement fluidifier le transport de pièces jusqu’aux magasins.

Ce réseau d’entrepôt constitue également un avantage concurrentiel : couplé à la taille de l’entreprise, ce réseau lui permet d’acheter plus de pièces et donc de profiter d’avantages de coûts d’échelle.

Comme on l’a vu, les ventes ne sont donc pas réalisées uniquement aux USA, puisque le Mexique contribue à 9% des ventes et le Brésil 1%. Ces 2 pays constituent d’ailleurs le relais de croissance de l’entreprise puisque ce sont des marchés où AutoZone à une pénétration moins importante qu’aux États-Unis et la croissance des ventes est tirée par ces deux pays bien que celles au Brésil ne sont pas encore rentables.

La croissance des magasins est d’ailleurs assez rapide dans ces deux marchés ce qui soutient l’augmentation du compteur de magasins et donc les ventes.

La clientèle est, elle, divisée en deux groupes : la partie Do-It-Yourself (particuliers) et la partie commerciale (pros). AutoZone se concentre d’ailleurs sur ce second segment qui est sous-pénétré par l’entreprise et qui a une croissance plus importante.

Dans ces deux segments, l’entreprise est soutenue par des vents favorables : la taille du parc automobile américain, et le nombre de kilomètres parcourus chaque année et le vieillissement du parc automobile.

Plus ces facteurs sont élevés, plus les ventes seront importantes. A noter également que la météo peut agir favorablement sur le chiffre d’affaires lorsqu’il y a de fortes tempêtes ou des hivers très froids, au même titre que les crises économiques. Lors de ces dernières, le pouvoir d’achat des Américains est alors plus bas et les Américains ont historiquement tendance à réparer leur véhicule en se fournissant auprès d’entreprises comme AutoZone plutôt que d’en acheter un nouveau. C’est donc dans les années de crise que l’entreprise a connu les plus gros taux de croissance, lors de la pandémie et lors de la crise financière notamment.

Enfin, l’entreprise est dans un secteur très fragmenté où elle ne possède qu’une part de marché (croissante) à un chiffre, ce qui représente un potentiel organique important quand on connaît l’excellente exécution du groupe. Il n’est d’ailleurs pas exclu que l’entreprise réalise des acquisitions (comme l’a fait son concurrent O’Reilly) dans le futur, bien qu’elle n’ait pour l’instant pas abordé le sujet.

L’ancien patron a d’ailleurs annoncé vouloir augmenter significativement leur nombre de magasins, en passant d’environs 200 boutiques supplémentaires par an à 500 d’ici 2028, avec une répartition 300/200 (domestique/international), en raison d’une amélioration des marges par magasin depuis la période pandémique, ce qui a accru les opportunités aux US et au Mexique (William Rhodes annonçait dans le dernier rapport annuel qu’ils pensent pouvoir étendre leur compteur de magasins à près de 10 000 aux Etats-Unis et 1500 au Mexique !)

Les Risques :

L’entreprise n’est pas exempte de risques puisque deux éléments pourraient influencer plus ou moins fortement les résultats : Amazon et les véhicules électriques.

Amazon, le leader mondial du e-commerce, pourrait affecter les ventes du groupe avec la tendance croissante des achats en ligne aux USA et partout dans le monde. Cependant, l’entreprise a déjà apporté des éléments de réponse dans ses précédents communiqués, et il est peu probable selon elle que les consommateurs se mettent à acheter leurs pièces auto sur Amazon, le secteur étant plutôt protégé de la tendance des achats par internet.

Le deuxième risque, lui, est porté par une méga tendance : l’électrification des véhicules. La mécanique des véhicules électriques étant plus limitée, le nombre de pièces à changer et donc lui aussi restreint. Le poids supérieur des véhicules vient très légèrement compenser ce phénomène.

Si cette tendance est à prendre en compte, le management reste confiant dans l’avenir de l’entreprise. Les véhicules thermiques représentent toujours une part importante du CA et l’électrification des véhicules a principalement lieu dans les pays développés, ce qui est moins le cas des marchés mexicain et brésilien.

L’entreprise devrait donc continuer à avoir une croissance modérée de ses ventes à moyen et long terme avec un objectif de 4-5% par an du management.

Le Management / Actionnariat :

Concernant le management, l’entreprise a été historiquement dirigée par William Rhodes, qui a laissé sa place de CEO à Phil Daniele, qui travaille chez AutoZone depuis près de 30 ans à des postes de direction, ce qui laisse présager de ses capacités à prendre les rênes du groupe. Le COO et le Chairman (William Rhodes) sont également présents depuis plus de 25 ans, ce qui est aussi un bon signe.

Leur rémunération est principalement liée à la performance opérationnelle du groupe (94% du salaire), ce qui assure une convergence des intérêts du management avec ceux des actionnaires.

Les dirigeants sont également actionnaires de l’entreprise, une partie de leur salaire étant payée en actions (87%), ce qui renforce là aussi la convergence des intérêts actionnaires - équipes de direction.

Sinon, l’essentiel de l’entreprise est détenu par des institutionnels, le titre est donc très liquide.

Les Chiffres :

On l’a évoqué auparavant, les ventes de l’entreprise sont fortement boostées par les ouvertures de magasins qui ont connu une croissance soutenue ces dernières années et qui vont continuer dans les prochains trimestres.

Une métrique essentielle à regarder lorsqu’il s’agit d’entreprises de distribution sont les ventes comparables (Same Store Sales). Elles permettent de comparer la croissance organique des ventes à nombre de magasins égal : la croissance du ticket moyen et la croissance du nombre de clients.

On remarque que les ventes comparables ces dernières années ont été boostées par la pandémie (surtout à l’international où le marché est bien plus dynamique) et la stratégie de développement des entrepôts et méga-entrepôts qui a permis de rendre possible cette croissance grâce à des délais plus courts et une meilleure disponibilité des pièces.

Les ventes totales, elles, culminent à près de 18Md$ et ont connu une belle croissance de 7% par an sur les 10 dernières années. L’entreprise n’a d’ailleurs pas connu de croissance négative de son CA depuis plus de 20 ans.

La marge opérationnelle s’élève à 19,9% et la marge nette à 14,5% pour l’exercice 2023, ce qui est au même niveau que son concurrent O’Reilly et bien au-dessus de la moyenne du secteur.

Mais le point le plus important reste l’évolution du nombre d’actions en circulation. AutoZone ne reverse pas de dividende ; en revanche, grâce à une valorisation en moyenne assez basse, l’entreprise rachète massivement ses actions depuis une quinzaine d’années, ce qui a pour effet de renforcer les droits de vote des anciens actionnaires et, surtout, de multiplier le BPA (bénéfice par action) !!

La dynamique du BPA est d’ailleurs exceptionnelle, car depuis plus de 20 ans il est constamment en augmentation année après année et a une croissance moyenne de plus de 17% par an !

Les FCF sont un peu plus volatils, car dépendent assez fortement du BFR, mais celui-ci reste assez maitrisé pour une entreprise de distribution (et donc beaucoup de stock).

Le bilan s’est certes alourdi ces dernières années pour racheter encore plus d’actions mais reste correct. La dette ajustée s’élève à 10,4Md$, soit près de 5x les FCF ou 2,3x l’EBITDAR, ce qui est dans la norme. Actuellement le coût de la dette reste très raisonnable (intérêts de couverture de 10).

De plus, l’entreprise dispose d’un énorme avantage, celui de ne pas avoir besoin de détenir de cash dans ses comptes (BFR négatif). Assez couramment dans la distribution, les entreprises paient leurs fournisseurs à 30 ou 60 jours, ce qui permet de soulager la trésorerie. Ainsi, l’entreprise n’a pas besoin de cash pour se fournir puisque c’est l’argent des clients qui financera les achats de l’entreprise.

Si on ajoute à cela la stabilité impressionnante de son business model, AutoZone peut donc avoir une allocation du capital très agressive, essentiellement constituée de rachats d’actions. Aucun dividende n’est prévu dans les prochaines années.

Enfin, les ratios de rentabilité sont tous exceptionnels, avec un ROA de 22% et un ROIC ajusté de 55% (bien au-dessus du coût du capital), la classant parmi les entreprises américaines les plus rentables.

Le ROE et ROCE, eux, ne sont pas exploitables, car les capitaux propres de AutoZone sont négatifs à cause des rachats d’actions massifs, sans que cela ait de conséquence économique pour le groupe.

La Valorisation :

AutoZone est une entreprise simple mais efficace, qui a un historique d’excellente exécution et de surperformance du marché.

Malgré ses qualités, l’entreprise est correctement valorisée, car le marché juge (peut-être à tord) que la croissance de l’entreprise sera amené à ralentir à cause de la percée des véhicules électriques dans le parc automobile. Si ce n’est pas totalement faux, la visibilité du groupe reste quand même importante, et l’impact des véhicules sera probablement minoritaire pendant encore de nombreuses années.

Comme d’habitude, nous pouvons utiliser la méthode DCF pour estimer la juste valeur de AutoZone :

  • WACC (coût moyen pondéré du capital) de 6,4%
  • beta de 0,7
  • prime de risque de 4,6%
  • rendement obligataire à 10 ans de 4,1%
  • coût de la dette de 3%
  • FCF de 2,06Md$

Ainsi, nous obtenons trois prix en fonction des scénarios de croissance :

:arrow_right: 4% de croissance : 2273$

:arrow_right: 7% de croissance (taux de croissance historique du groupe) : 2678$

:arrow_right: 10% de croissance : 3129$

Le prix actuel de l’entreprise gravite donc autour de sa juste valeur. A noter que dans ce DCF, je ne prends pas en compte les rachats d’actions, une métrique essentielle pour AutoZone et qui contribue largement à la performance de l’entreprise. De plus, ce type de business, facile à comprendre et exceptionnellement stable se paye généralement avec une prime de sécurité, ce qui n’est pas vraiment le cas ici et renforce l’attractivité du groupe au prix actuel.

En plus des DCF, nous pouvons établir si l’entreprise se paye plus cher que d’habitude :

PER moyen sur 10 ans : 18 vs. PER actuel : 19,45 :yellow_circle:

P/FCF moyen sur 10 ans : 17 vs. P/FCF actuel : 24 :yellow_circle:

L’entreprise parait légèrement surévaluée, surtout par rapport aux FCF mais étant donné la nature du business, ils sont plus volatils. On préférera donc retenir le PER.

AutoZone est d’ailleurs moins valorisée que son concurrent direct O’Reilly, qui se paye actuellement à plus de 26x les bénéfices, en échange d’une croissance légèrement plus importante.

Le prix actuel est donc intéressant pour construire une ligne sur cette très belle entreprise. Au vu de la volatilité très faible de l’entreprise et de son cours de bourse, il est plutôt déconseillé d’essayer de «timer le marché», en espérant trouver un point bas.

Conclusion :

Points forts :

  • Stabilité exceptionnelle du business model
  • Croissance très importante du BPA grâce aux efforts de l’entreprise (augmentation des marges, expansion domestique et internationale, allocation du capital)
  • Avantage concurrentiel en termes de coût
  • Valorisation très correcte

Points faibles :

  • Proportion croissante de véhicules électriques au sein du parc automobile
  • Le risque Amazon ?

Vous l’aurez compris, AutoZone est une entreprise exceptionnelle, qui n’est pourtant pas considérée comme telle si l’on regarde sa valorisation.

Pourtant, tout y est : avec son profil offensif/défensif, composé d’une faible volatilité et d’efforts importants fournis par le management pour créer de la valeur, AutoZone est l’exemple parfait que l’on peut battre le marché avec une entreprise ennuyante mais performante.

PS : je suis actionnaire de AutoZone.

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A voté !

je n’ai pas forcément été agréable, mais j’ai besoin de relire l’ensemble de ton analyse.
j’ai surtout besoin de comparer a une entreprise dans le meme secteur et dont les résultats et chiffres fondamentaux ne sont pas mauvais, c’est genuine part.

le défaut de ton analyse très bien faite et quasi complète, c’est justement la comparaison de ce qui me semble etre le principal concurrent.

Mais bravo pour le boulot, je suis admiratif.

je t’en veux pas, dans les cas je suppose que tu as trouvé mon travail remarquable et mon analyse facile à comprendre :rofl: :wink:

Le concurrent direct est en fait O’Reilly Auto parts, et si j’en parle très peu, c’est que ce sont des entreprises « jumelles ». On peut aussi inclure Advance auto parts mais pour le coup l’entreprise est à chier.
Memes chiffres, meme ratios financiers, même business model (exactement le meme), meme diversification géographique, meme type de management, meme allocation du capital… encore plus proches qu’un V/MA ou MCO/SPGI !

Geniune part elle ne fait pas que des pièces auto : elle fait beaucoup de pièces industrielles pour d’autres secteurs. de mémoire les pièces auto ça doit être 1/3 du CA.
Mais les marges ne sont pas pareils, la rentabilité non plus, pas la même croissance, allocation du capital, management, etc…

merci l’ami.

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Salut @quentin.a
Absolument pas intéressé par cette boîte, mais tout comme @mickaelkel, je suis admiratif de ton travail : il est lisible et clair pour tous.

On y retrouve les principaux éléments : activité, historique, données chiffrées et évolution des 10 dernières années, concurrence, croissance, clientèle, risques, management, dettes, DCF…

Good job !!! :smile: :v: et merci du partage !

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Belle analyse encore une fois :slight_smile:

Autozone, belle entreprise rentable, mais… les FCF en baisse de 30% depuis le pic début 2022 me « gêne » un peu

En conséquence, la valorisation me semble sur-évaluée, on n’est pas loin d’un ATH niveau P/FCF

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c’est pas souvent qu’on tombe sur quelqu’un qui maitrise un sujet, excuse moi, mais je vais en profit… abus… l’usé jusqu’a la moelle :rofl: :kissing_heart:

question simple : comment vois tu l’avenir de l’entreprise vis a vis de l’évolution vers l’électrique qui entrainera de moins grand besoin d’entretien ?
Va t’elle devenir plus premium genre les bagnoles collec ?
y a t’il un marché pour ce genre d’entreprise dans l’élec ? dans l’hydrogène ?
y a t’il des secteurs de marché ou elle peut tirer son épingle du jeu ? (équipement ou réaménagement intérieur ? logiciel interne ?)

j’vais pas de mentir, je trouve l’analyse top après relecture, mais maintenant tu entre dans la phase « critique » pour validé le merdier, pour toi comme pour nous :wink:

mes amitiés quentin

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je le précise peut-etre pas assez mais c’est à cause du BFR, et de la retombée vers des niveaux plus normaux (2020 et 2021 ont été des années exceptionnelles, y a qu’à voir le taux de croissance du FCF ces années, c’était forcément temporaire !).

Tu remarqueras d’ailleurs que pour beaucoup d’entreprises, en 2020 et 2021 (surtout dans la distribution, donc HD, LOW, NIKE, etc) ont eu des FCF supérieurs aux bénéfices nets.

C’est encore une fois le BFR ! de là à te dire si c’est à cause d’un inventaire trop petit ou au contraire trop grand, d’une diminution des créances clients ou des dettes fournisseurs, là ça sort un peu de mon champ de compétences ! (ça doit surement être un peu de tout ça réuni !).

si tu veux voir la performance opérationnelle du groupe « hors stock », tu verras que le bénéfice net reflète une magnifique entreprise !

dans tous les cas si tu veux des FCF stables il faut assurément éviter la distribution (conso discrétionnaire), pour se concentrer sur : l’industrie, la tech, la finance ou la consommation courante !

mais est-ce qu’à long-terme, l’investissement dans ces sociétés là n’est pas récompensée, j’ai déjà ma réponse :wink:

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euh…
un peu de tout cela ferait un équilibre il me semble.

Autre chose dont je ne suis pas fan au niveau du management :

image

On rachète des actions à tour de bras, ok, mais du coup on s’endette pour ça… Avec des taux à 0.5%, pourquoi pas, mais avec les taux actuels je suis moins fan

Je ne dis pas qu’ils font n’importe quoi hein, juste que je préfèrerais voir plus de remboursement de la dette et moins de rachats d’actions (surtout sur des ATH)

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salaud !

  1. pour la partie tech, l’entreprise n’a pas prévu de réorienter son activité par contre elle utilise la tech depuis plusieurs années (notamment des logiciels) pour améliorer l’efficacité de la boite (marge) pour tout ce qui est analyse du stock, emplacement des pièces, etc…

  2. pour ce qui est des voitures premium ou autre, aucune idée, une voiture électrique peu importe son prix comporte les memes pièces à changer, pas forcément en nombre plus important.

  3. le marché auto est un marché global, il n’existe pas de segment cheap/luxe, non pas de premiumisation (en tout cas pour l’entretien !!)

  4. et enfin, la question fatidique, comment l’entreprise évoluera avec un parc automobile composé de plus de VE ?
    je n’ai pas de réponse exacte, mais ce que je sais, c’est que l’age moyen d’un véhicule aux US est de 12,5 ans (source autozone), en légère augmentation par rapport à il y a 15 ans, et que remplacer un parc automobile entier ça prend donc 12 ans. ensuite il faudrait que tous les nouveaux véhicules soient des électriques…
    donc le temps qu’on en arrive à là, il y a encore beaucoup de valeur qui sera créée par le groupe.
    ce que j’essaie de dire c’est qu’il y a énormément d’inertie, et que les véhicules électriques représentent peut être 0,5% de croissance en moins chaque année (hypothèse) et que dans 5 ans sera le double, mais l’entreprise ne fera pas -10% de croissance dans x temps.
    C’est un marché tellement immense que la demande ne recule jamais (c’est pas moi qui le dis c’est les chiffres).

D’ailleurs si tu veux un peu plus de chiffres en voici : certaines analyses parlent de 6% de croissance sur les 5-10 prochaines années, d’autres 2,5, d’autres 6.

si tu veux un article un peu plus négatif : PSA : la voiture électrique fera perdre de l'argent en après-vente
![Capture d’écran 2024-02-13 à 15.20.38|690x87]
(upload://56XRPKRNQVTM0lnQsKAHjjzFzb9.png)

je pense qu’il ne faut donc pas trop être alarmiste à cause des VE, le marché reste en croissance (surtout que pour un ménage qui dispose déjà d’une thermique, un VE acheté ne signifie pas que la thermique partira à la casse).
de plus l’entreprise s’internationalise fortement, et s’expose à des taux de croissance bien plus élevés qu’aux US.
L’Asie est également envisageable, puisque c’est un business relativement facile à exporter (contrairement à du Costco par exemple) et qu’ils ont des fournisseurs là bas également et des bureaux aussi (pour l’instant ils préfèrent la croissance rentable).
sinon pour te convaincre je pourrais aussi te partager les mots du management mais il est compréhensible que tu puisses trouver leur avis biaisé.

en espérant t’avoir convaincu :grin:

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oui, je voulais dire beaucoup de stock et peut être un peu d’acomptes à recevoir ou beaucoup d’acomptes à payer et un peu de stock.

ça peut se comprendre, j’ai hésité à mettre ce point là (potentiellement mois de buyback) dans le futur, puis j’ai vu que les intérêts de la dette restent globalement raisonnables (autour de 1/10 de l’EBIT).
s’ils le font c’est également qu’un buyback est plus rentable que de la dette, mais une réduction des rachats d’actions est probable (actuellement ils pourraient racheter 4% de la market cap, et on est sur des niveaux de FCF assez bas, qui devraient remonter cette année) !

concernant l’ATH, l’entreprise est constamment sur son ATH donc inutile pour le management d’attendre des points bas ! puis quand on parle d’ath on parle de P/FCF de 25 et de PER de 19, rien de bullesque ni d’argent balancé par la fenêtre :wink:

et concernant l’endettement pour les rachats d’actions il y a énormément d’entreprises qui le font, et je me serais inquiété si AutoZone était la seule à le faire ! (Nvidia notamment, qui annonçait 25Md de buyback).

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Bravo, super analyse ! :slight_smile:
C’est cool de se focus sur l’execution opérationnelle de l’entreprise, et montrer les résultats avec quelques graphs :slight_smile:

Et ce titre putaclic, j’adore :rofl: :rofl: :+1:

Mon dieu, l’année pro ça fera -50% en 10 ans… Monstrueux !

Pourrais tu détailler ce point que tu abordes souvent : comment les rachats d’actions impactent concrètement l’Equity ? :slight_smile:

Top!
Un détail tout bête pour tes prochaines analyse : pense à stipuler le prix actuel de l’action ^^ Sauf erreur il n’est nulle part dans ton post donc il faut « casser » la lecture pour aller le trouver ailleurs :slight_smile:

En tout cas très belle entreprise.
Je t’avoue que perso, les 2 points qui me refroidiraient en dehors du business qui j’affectionne pas trop, c’est la dette qui augmente pas mal (6 fois les FCF en 12M glissants quand même), et l’absence de cash dispo.
Certes le risque est assez limité pour eux comme tu l’as démontré, mais ca fit juste pas dans mes critères. Mais sinon rien à dire !!

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Excellent, merci à toi pour cette analyse ! :beers:

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arhgg, vous êtes durs avec mick et vivien :rofl: c’est inclus dans le prix bordel !!! :stuck_out_tongue:

oui la dette n’est pas négligeable, et c’est le point que soulevait vivien, peut être pas autant de buyback que durant la dernière décennie (ou alors il faudrait que la valo retombe autour de 15x les bénéfices). de toute façon dans mes estimations personnelles (rien à voir avec le DCF) je table sur un buyback autour de 4% (= P/FCF 25) conservateur (ou 5%, neutre = P/FCF 20)
pour le coup, le cash c’est vraiment pas utile pour AZO, car le m&a serait inutile et de toute façon impossible (personne à racheter hormis des petits compétiteurs non cotés), et en cas de coup dur (style 2008 / 2020), baaaah… le EPS prend +40% lol.

merci bien ! je note

dans le même style (c’est mon critère préféré donc je les connais presque toutes hihi), tu aussi HP inc, McKesson, Oracle, Elevance Health, Cigna ces dernières années, pour te citer d’autres actions que les plus connues !

c’est très simple : tes CP sont égaux à

  1. tes bénéfices non distribués

  2. ton capital payé (en gros le capital initial + le capital levé lors d’augmentations de capital - tes actions de trésorerie).

quand une entreprise, rachète simplement ses actions, disons pour la moitié de ses bénéfs, cela va impacter (négativement) tes actions de trésorerie et donc le capital payé.
l’autre moitié des benefs va augmenter tes bénéfices non distribués puisque tu en mets la moitié en réserve (l’autre part en buyback).
par contre, c’est le cas pour apple (pendant une période) et les gros « buybackers », les rachats d’actions sont supérieurs aux bénéfices nets.
Plusieurs conséquences/raisons à cela :

  1. soit l’entreprise crame sa trésorerie pour faire du buyback

  2. soit elle s’endette, lève des fonds (dilution), vends des activités (= trouve du cash)

  3. soit grace à son business model, qui a des FCF structurellement supérieurs aux bénéfices nets (logiciels, assurances santé comme UNH, Walmart (distribution), tabac comme BTI) grace à de faibles capex/bfr ou beaucoup de dépréciation. Dans ce cas là, si les FCF sont de 2Mds, les bénéfs net de 1md et les buyback de 1,5Md, tu auras structurellement des CP négatifs alors que l’entreprise a largement de quoi payer les buyback, et sans aucune conséquence négative sur l’entreprise.

la plupart du temps c’est car l’entreprise s’endette mais les bénéfices non distribués peuvent donc être aussi négatifs alors que les finances sont très saines !
:arrow_right: example typique : Verisign

dans l’autre cas, pour une entreprise comme AutoZone, qui créé de la valeur (bien que comptablement elle en détruit), qui rachète massivement ses actions (pour le plus grand plaisir de ses actionnaires <3) en s’endettant, tu cumules les bénéfices non distribués négatifs et les actions de trésorerie négatifs ! ce qui t’amène des CP qui peuvent être négatifs pendant plusieurs Années !

j’ai surement du faire quelques erreur, en me trompant sur quelques mots mais l’essentiel est là !

CP = bénéfices non distribués + capital (dilution = augmente les CP, rachats d’actions = diminue les CP)

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Je viens de poster ton travail sur X :

Le lien sur X :

https://twitter.com/moning_co_fr/status/1757434963027218747

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Mdr oui mais si on commence a déroger à ses critères le monde court à sa perte mon ptit monsieur !! :rofl: :rofl:

Le management s’est engagé sur un levier max a pas dépasser ou pas du tout ?

Okkkk j’ai du relire 2 fois mais je pense avoir bien pigé !!
Effectivement si même les bénéfices non distribués sont négatifs chaque année je comprends mieux…
L’histoire du capital payé négatif c’est instructif aussi, je pensais pas que racheter des actions pouvait aussi le passer sous 0, je sais pas pourquoi mais j’arrivais pas a concevoir que le capital puisse être négatif tant que la boite possède des actions sous contrôle (un nombre forcement positif), mais rien a voir en terme de nombre il faut raisonner en montant plutôt c’est ça ?
Il faut compatibiliser le capital initial (souvent faible non?) + le capital levé ensuite (s’il y en a, mais potentiellement faible aussi si ca a été fait il y a longtemps) vs le montant déboursé pour racheter des actions ladite année right ?
Donc basiquement, une boite qui avait à l’époque un capital initial de 10M, a levé 100M de fonds au total mais il y a un bail, et qui maintenant débourse 1Mds pour racheter ses actions chaque année, aura chaque année un capital payé de -890M c’est ça ??
Ca m’aide de mettre des chiffres et d’avoir des ordres de grandeur ^^
Et si cette boite fait 2 Mds de benefs, dont 1Mds de rachat d’action, elle aura un equity de 1000 - 890 = 110M seulement si j’ai tout suivi…

Meuh non…
Si :smiling_imp:

En plus tu te tape une sorte de triptyque.
A toi d’y resister.

de mémoire j’avais lu un truc du genre 2,5 l’EBITDAR (en gros l’EBIT + dépréciations + amortissements + le loyer mensuel (compté comme un revenu) et la dette ajustée est égale à dette long-terme + 6 fois le loyer mensuel + 1 ou 2 trucs insignifiants.

dans l’idée oui mais il y a d’autres éléments qui rentrent en compte bien sur.

pour le coup j’ai fait des recherches et j’ai jamais trop pigé : de mémoire tu as donc les rachats d’actions/dilutions + le capital levé initialement + la différence (le par) avec le prix actuel de chaque action (pas trop sur de celui là).

mais honnêtement c’est pas cette partie là plus importante. Tant que tu es capable de piger que les bénéfs non distribués sont négatifs, et que peux comprendre si oui ou non c’est dangereux pour la boite tu as tout compris (idem pour les actions de trésorerie).

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alors c’est qui les volets mobiles entre toi et @vivien.faim.2.financ et @anquietas :rofl: ?

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